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Pourquoi j'ai choisi l'allaitement non écourté ?

 

L’allaitement a été pour moi une évidence dès la grossesse. Les 3 premiers mois furent compliqués (vive les crevasses, la candidose mammaire et un frein restrictif !) et la clé a été de bien m’entourer de professionnels réellement formés à l’allaitement. Nous nous étions fixés un objectif de 6 mois, correspondant à mon congé parental. Les 6 mois sont passés et je n’ai guère pu me résoudre à arrêter : j’aimais trop nos instants de douceur lactée, les yeux dans les yeux, cœur contre cœur. Aujourd’hui ma fille a 18 mois et est toujours allaitée. Nous ne souhaitons pas arrêter de sitôt et envisageons même un sevrage naturel (l’enfant se sèvre lui-même plus ou moins progressivement).

 

Mais pourquoi si longtemps me direz-vous ?

 

Tout d’abord quant à son apport nutritionnel non négligeable !

 

En effet, le savoir que l’on possède sur la composition du lait maternel reste vrai quelque soit l’âge de l’enfant allaité. Le lait d’une femme qui allaite un enfant de 18 mois est tout aussi riche que celui d’une femme qui allaite un bébé de 3 mois (1). Une étude a comparé la teneur en matières grasses du lait de mamans ayant allaité de 2 à 6 mois avec celui de mamans ayant allaité 12 à 39 mois (2). La différence est significative : 7% de matières grasses pour le premier groupe de maman (allaitement de 2 à 6 mois) contre 11% pour le second groupe (allaitement de 12 à 39 mois). Les chercheurs en ont conclu : « Aussi pouvons-nous encourager les mères à continuer à nourrir leurs enfants au sein, car d’un point de vue nutritionnel, leur lait a bien une valeur. » Bien entendu, à partir de 6 mois selon l’OMS, une alimentation solide doit être introduite progressivement, l’idéal étant la diversification menée par l’enfant (DME) qui fera l’objet d’une autre publication.

 

Ensuite pour la meilleure santé qu’il apporte à l’enfant…

 

De nombreuses études ont montré la protection notamment immunitaire qu’apporte le lait maternel. Phénomène curieux : quand un enfant grandit et tète moins, le lait maternel va s’enrichir en facteurs immunologiques de manière à « pallier » la baisse du nombre de tétées (3). Il va également permettre un meilleur développement cognitif (5) et émotionnel, une meilleure relation parents-enfants (6) et une meilleure adaptation sociale (7).

 

… Et à la mère !

 

Une étude récente a montré la diminution du risque de développement d’un diabète de type 2 chez les mères allaitantes (4). D’autres ont montré que le risque de développer un cancer d’ordre gynécologique (notamment du sein) était moins élevé chez la mère allaitante.

 

En outre, malgré l’aspect décrié voire mal vu de l’allaitement long, les recommandations de l’OMS sont claires : allaitement exclusif jusqu’à 6 mois et poursuite de l’allaitement avec diversification jusqu’à 2 ans voire plus.

 

En ces temps de pandémie, l’allaitement maternel sera, je pense, un atout non négligeable pour les bébés à naitre. Le choix revient bien sûr à chaque parent d’allaiter ou non, mais autant faire ce choix de manière éclairée et parfaitement informée.

 

 

Je conclurai sur cette étude (8) réalisée sur des enfants allaités de 2 ans et plus en Australie : ils disent téter car cela les apaise et les rend heureux, mais aussi pour le goût : certains trouvent ça « aussi bon que le chocolat » ;)

 

 

Marine GUILBAULT

Kiné périnatale et pédiatrique, intervenante aux Bébés des Capucines

 

 

(1) Victora CG et al, Is prolonged breast-feeding associated with malnutrition ? Am J Clin Nutr 1984 ; 39 : 307-14.

(2) Mandel D et al, Fat and energy contents of expressed human breast milk in prolonged lactation, Pediatrics 2005 ; 116(3) : e432-5.

(3) Goldman AS et al, Immunologic components in human milk during the second year of lactation, Acta Paediatr Scand 1983 ; 72(3) : 461-2.

(4) Alison M Stuebe et al, Duration of lactation and incidence of type 2 diabetes, JAMA 2005 ; 294 : 2601-2610.

(5) Daniels MC, Adair LS, Breast-feeding influences cognitive development in Filipino children, J Nutr 2005 ; 135(11) : 2589-95.

(6) Fergusson DM, Woodward LJ, Breast feeding and later psychosocial adjustment, Paediatr Perinat Epidemiol 1999 ; 13(2) : 144-57.

(7) Fergusson DM et al, Breastfeeding and subsequent social adjustment in six- to eight-year-old children, J Child Psychol Psychiatry 1987 ; 28(3) : 379-86.

(8) Fergusson DM et al, Breastfeeding and subsequent social adjustment in six- to eight-year-old children, J Child Psychol Psychiatry 1987 ; 28(3) : 379-86.

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